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Le Programme


DÉFENSE

A) CONSTAT

« Le Président de la République est le chef des armées ». L’article 15 de la Constitution de la Ve République rappelle une mission essentielle du chef de l’État. Essentielle, car un pays incapable d’assurer lui-même sa défense n’est plus un pays indépendant.

1) En démantelant les moyens de la Défense nationale, François Mitterrand et Jacques Chirac ont failli à leur mission.

Le général Bentegeat, le prédécesseur de l’actuel chef d’état-major des Armées (le général Georgelin), déclarait le 22 février 2006 : « Si l’effort de défense n’est pas maintenu au même niveau, voire augmenté, il y a un risque très fort de perte de cohérence de l’ensemble .» Tel est le bilan des partis au pouvoir depuis 30 ans.

2) Des moyens financiers insuffisants

Le budget total de la Défense (pensions comprises), s’élève en 2006 à 36,06 milliards d’euros, soit 2 % du produit intérieur brut, contre 4 % en 1965. Premier poste de dépense de l’État jusqu’en 1988, il a été dépassé par celui du service de la dette et par celui de l’Éducation Nationale.

Deux pays ont un budget supérieur : les États-Unis, bien sûr (392 milliards d’euros, soit 3,4 % de leur PIB), mais aussi en Europe le Royaume-Uni (37,9 milliards d’euros, soit 2,2 % de son PIB).

Cette réduction des crédits explique la diminution des effectifs et l’inadaptation croissante du matériel de notre armée.

3) Des effectifs (hors gendarmerie) divisés par deux (247 000 contre 500 000 en 1995)

Dix-huit pays disposent d’armées supérieures en nombre, notamment la Chine (plus de deux millions de soldats), les États-Unis (un million et demi), la Russie (un million), la Turquie (un demi-million).

L’armée de terre française ne compte plus que 130 000 soldats et il est prévu, à partir de 2007, de ramener ce nombre à 100 000. Après avoir « supprimé » le service militaire, Chirac a ainsi créé, non pas une armée de métier, mais une armée de moitié. Faute de crédits, non seulement il est impossible de recruter beaucoup d’engagés, mais il devient de plus en plus difficile d’avoir un recrutement de qualité. 20 % des nouvelles recrues sont désormais issues de l’immigration originaire du monde musulman.

4) Notre matériel militaire est de moins en moins adapté

Une proportion de plus en plus importante de nos matériels – 900 véhicules blindés, 70 vaisseaux (dont 12 destroyers et un porte-avions), 10 sous-marins (dont 4 SNLE), 330 avions de combat – n’est pas opérationnelle. Les 15 milliards d’euros annuels consacrés à l’entretien, au renouvellement et à la modernisation de cet équipement sont insuffisants. En dépit des rodomontades du ministre de la Défense, la loi de programmation militaire 2003-2008 ne sera pas plus respectée que les quatre précédentes. Faute d’argent, les programmes d’équipement prestigieux comme le porte-avions Charles de Gaulle, les chars Leclerc ou les avions Rafale, ont d’une part été réalisés avec beaucoup de retard et de façon parcimonieuse, et d’autre part ils ont absorbé des crédits aux dépens d’autres équipements.

La portée dissuasive de notre arme atomique a été réduite par la suspension des essais nucléaires et par le démantèlement du plateau d’Albion qui n’a pas été remplacé. Dans un monde de plus en plus dangereux, une Défense nationale indépendante est pourtant indispensable.

5) Le démantèlement depuis vingt ans de notre Défense repose sur deux illusions

La première est née de la fin de la guerre froide en 1989, conduisant nos gouvernements à prétendre que plus aucune menace ne pesait sur notre pays. Or le monde est au moins aussi dangereux qu’il l’était avant l’écroulement de l’Union soviétique. Ainsi trois crises peuvent déboucher sur une guerre mondiale : la montée des tensions au Proche-Orient, l’opposition entre deux puissances nucléaires (le Pakistan et l’Inde), les provocations du régime communiste nord-coréen. DÉFENSE 31

La situation au Proche-Orient menace notamment l’approvisionnement en pétrole de notre économie et la sécurité de notre territoire, où des réseaux islamo-terroristes tentent de prendre en main certaines populations immigrées.

La seconde illusion consiste à compter sur les organisations internationales pour assurer notre sécurité: l’ONU, l’OTAN, l’Europe de Bruxelles. Mais dans l’épreuve, une nation est toujours seule.


B) MESURES


Il est aujourd’hui nécessaire de rompre avec ces illusions et de rendre à notre pays les moyens d’assurer lui-même sa sécurité en reconstruisant notre armée sur les principes suivants :

1) Une Armée au service de la Nation :

- L’Armée française doit être aux ordres exclusifs des autorités du peuple français, donc quitter l’Eurocorps ainsi que le commandement intégré de l’OTAN, sous lequel Chirac l’avait replacée en 1996. Cette structure conçue en 1949 pour répondre à la menace soviétique n’a plus de raison d’être depuis la disparition de celle-ci.

- Nos troupes, d’autre part, doivent participer à des opérations de maintien de la paix seulement si les intérêts de notre pays sont en cause et si nos soldats demeurent sous commandement français.

- Cette politique d’indépendance n’exclut aucune alliance conforme à nos intérêts.

2) Une Armée ayant les moyens de ses ambitions :

- Notre Armée doit être capable de remplir quatre missions : mener une guerre conventionnelle, répondre aux menaces terroristes, mener des actions extérieures pour défendre nos départements et territoires d’Outre-Mer et protéger nos intérêts dans le monde, entretenir une force de dissuasion nucléaire crédible. Il nous faut donc une Armée de terre puissante dotée non seulement du matériel classique opérationnel (blindés, hélicoptères de combat), mais aussi des nouvelles armes (drones...), un service de renseignement efficace et une défense opérationnelle du territoire performante, qui devra être assurée par la Gendarmerie et par une Garde nationale, une Marine disposant de trois corps de flotte et une Armée de l’air dotée non seulement d’appareils de combat mais aussi d’avions gros porteurs.

- Pour cela il est nécessaire d’augmenter le budget de la Défense nationale, et de le porter dans un premier temps au terme du prochain mandat présidentiel en 2012 à 2,6 % du PIB, qui était son niveau quand M. Chirac a été élu en 1995. Cela constituera une rupture avec la politique de facilité des socialistes et de l’UMP de Sarkozy. Leur démagogie consistant à faire des économies aux dépens de la sécurité de la France est une faute morale, comparable à celle que commettrait un père de famille ne payant pas l’assurance de sa maison et de sa voiture.

3) Une Armée nationale :

- Les Français accepteront aussi de fournir cet effort budgétaire si le lien entre la Nation et son Armée est renoué. Le service militaire, jusque dans les années 1970, en permettant à tous les jeunes Français de se retrouver ensemble pendant plusieurs mois, était un fondement de la cohésion nationale et assurait en partie ce lien. Aujourd’hui, la majorité de nos jeunes compatriotes n’ayant plus de contact avec l’Armée, la défense de la patrie n’est plus l’affaire de tous les Français, mais uniquement celle de professionnels, progressivement coupés des civils. La destruction de ce lien est d’autant plus regrettable que les officiers, les sous-officiers et les soldats de notre Armée constituent le corps social qui a le mieux préservé les valeurs ayant fait la grandeur de la France : le patriotisme, l’esprit de sacrifice, la solidarité, le courage.

- Le service militaire, qui dans ses dernières années ne remplissait plus son rôle de cohésion nationale, et qui est inadapté aux conditions de la guerre moderne, ne peut pas être recréé. Le service civil obligatoire de six mois proposé au parti socialiste et à l’UMP constitue une aberration militaire, économique et sociale, qui rétablirait le système de la corvée.

- Les trois objectifs qui sont l’amélioration du recrutement de l’Armée, le renforcement du sentiment d’appartenance nationale et le lien renoué entre la Nation et l’Armée peuvent être atteints notamment par l’institution d’un Service militaire volontaire de six mois. Au terme de cette initiation au métier DÉFENSE 32 des armes, les volontaires pourront à leur choix, soit servir dans la Garde nationale, chargée de la défense opérationnelle du territoire, soit demander un engagement dans l’Armée d’active. Ce service militaire donnera droit à de nombreux avantages, notamment des points supplémentaires aux candidats postulant aux concours de la Fonction publique.

4) L’effort en faveur de la Défense aura des effets positifs sur l’économie du pays et sur le budget de l’État :

- la démagogie actuelle consistant à prétendre faire des économies aux dépens de la sécurité de la France non seulement constitue une faute morale, mais elle repose aussi sur un raisonnement économique faux. La France des trente glorieuses avec un budget de la Défense représentant 4 % du PIB était plus prospère que celle d’aujourd’hui avec un budget tombé à 2 %. De même, l’essor économique des États-Unis depuis les années Reagan est en partie lié à l’élévation des budgets militaires.

- la raison en est simple. Des budgets militaires élevés alimentent une industrie de la défense qui présente pour l’économie française de nombreux avantages. C’est une industrie :

- puissante, la deuxième d’Europe, avec 14 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel ;

-variée (armement, automobile, aéronautique, chantiers naval, informatique... mais aussi textile) ;

- constituée par des grands groupes et par 2 500 PME sous-traitantes, qui apportent des recettes fiscales à l’État ;

- créatrice d’emplois : 170 000 directement et 2,5 millions de façon indirecte ;

- nécessitant pour les armes de pointe la mise en oeuvre d’une haute technologie, dont on retrouve les applications dans l’industrie civile (ainsi le Système de Navigation par satellite dont sont progressivement équipées toutes les voitures particulières a d’abord été créé à des fins militaires) ;

- exportatrice qui, en 2003, a rapporté à la France plus de 6 milliards d’euros.

Ce secteur a été sinistré par la régression des budgets d’équipement militaire. Il a perdu entre 1992 et 2005, 40 % de son chiffre d’affaires.

5) Les effets positifs d’une augmentation du budget de la Défense

- Un budget de la Défense augmenté de 10,8 milliards d’euros représentera 2,6 % du PIB français, qui est l’objectif du mandat présidentiel. Sur cette somme 0,8 milliard d’euros seront consacrés aux dépenses en personnel du Service militaire volontaire de six mois et à la formation d’une Garde nationale.

- 3,5 milliards d’euros financeront l’augmentation des effectifs militaires, soit 70 000 soldats engagés supplémentaires.

- 6,5 milliards d’euros finançant l’effort supplémentaire d’équipement de l’armée, permettront à l’industrie de défense française et ses sous-traitants d’améliorer leur chiffre d’affaires, donc les recettes fiscales de l’État provenant des bénéfices réalisés. L’augmentation des emplois directs et indirects se chiffrera en dizaines de milliers d’emplois.

Gain estimé sur les recettes fiscales induites : 2 milliards d’euros
Gain estimé pour les ASSEDIC : 1,5 milliards d’euros

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