ÉDUCATION FORMATION
A) CONSTAT
1. Éducation nationale
- 1,3 million de fonctionnaires soit 1 063 027 emplois équivalent temps plein (LFI 2007), dont
891 851 personnels enseignants titulaires et stagiaires (84 %) et 171 176 personnels administratifs
(16 %).
- Dépense intérieure d’éducation 2005 : 118 milliards d’euros, soit 6,8 % du PIB contre 5,5 % du
PIB en moyenne dans les pays développés (OCDE).
- Part État : crédits de paiement (PLF 2007) : 59,56 milliards d’euros.
Si l’éducation relève avant tout des familles, il appartient à l’État d’instruire ses enfants.
Malheureusement, la transmission du savoir n’apparaît plus comme une priorité. Le système tolère une
double intrusion, génératrice de malaise : celle des parents dans l’instruction et celle des enseignants
dans l’éducation des enfants. Simultanément, les ravages du pédagogisme et de l’égalitarisme ont
transformé les écoles en « lieux de vie » et les professeurs en « animateurs sociaux ».
Face à une école démantelée et massifiée (cf. le criminel objectif de 80 % d’une classe d’âge au bac)
dont le niveau ne cesse de baisser, face à la dévalorisation des diplômes et au nombre croissant de jeunes
sortant du système scolaire sans qualification, des changements profonds s’imposent. En proie à la
violence et à l’illettrisme (selon l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme, 15 % des élèves entrant
en 6e ne savent ni lire ni écrire ni compter), l’Éducation nationale est pourtant le ministère le plus
dépensier (près de 60 milliards d’euros) et le plus consommateur d’emplois (1,3 million de salariés) !
Par ailleurs, le rapport Obin, commandé par l’Inspection générale de l’Éducation nationale et longtemps
occulté, stigmatise l’influence grandissante de groupes de pression islamistes sur la vie quotidienne des
enfants.
2. La formation professionnelle
Des dysfonctionnements similaires à ceux de l’Éducation nationale se retrouvent en matière de
formation professionnelle initiale et de formation continue. Celle-ci est trop souvent utilisée comme un
outil de traitement des problèmes sociaux pour les personnes en difficulté et non comme un dispositif
d’acquisition et de valorisation des compétences. En matière de formation professionnelle, on ne connaît
que les chiffres de 2003, dernière année dont les données ont été validées par la DARES (Direction de
l’animation de la recherche, des études et des statistiques) (!). Pourtant, l’ensemble des dépenses
consacrées à la formation professionnelle et à l’apprentissage représente près de 23 milliards d’euros.
- - Accompagnement, Alternance et Apprentissage (16-25 ans) : 5,3 milliards d’euros.
- - Formation professionnelle des adultes : 17,7 milliards d’euros.
Véritable usine à gaz, la formation professionnelle connaît une triple dérive :
- - Elle génère des financements colossaux, à l’utilisation opaque et mal contrôlée.
- - Elle débouche sur un faible accès des salariés aux formations.
- - Elle persiste à offrir des formations en inadéquation avec les besoins réels du monde économique.
Quant à l’apprentissage, victime de la dépréciation du travail manuel et du prolongement de la scolarité,
il est souvent perçu par l’entreprise comme une charge supplémentaire. Le choix du maître
d’apprentissage, la revalorisation des métiers et le retour à une logique de liberté concernant un
financement qui doit profiter davantage aux Centres de formation des apprentis (CFA), constituent des
axes de progrès.
B) MESURES
I. École
Il faut tout d’abord que le système scolaire retrouve les mérites de la sélection :
- Les enfants doivent retrouver la valeur des savoirs fondamentaux. Il faut également établir des
exigences de passage et réévaluer la valeur des examens comme le brevet des collèges. Parallèlement,
il faut améliorer l’orientation, trop souvent vécue comme une accommodation à l’échec scolaire.
- Il faut développer l’attribution des bourses au mérite en fonction des notes.
Coût : 19 millions d’euros
Il faut sanctuariser l’école
- Il convient de repenser les rythmes scolaires, en supprimant notamment les « heures de vie de
classe ».
Gain estimé : 800 millions d’euros
- Le contenu des enseignements doit être organisé de manière structurée et chronologique, pour
développer le sens critique et le raisonnement des élèves. La méthode syllabique doit être
complètement et définitivement réhabilitée. Parallèlement, le collège unique sera abandonné.
- L’autorité doit être affirmée dans les établissements scolaires au besoin en suspendant à la famille
de tout élève perturbateur, les diverses allocations sociales et familiales dont elle bénéficie.
Rendre aux enseignants leur juste place :
- La formation des jeunes professeurs est capitale. Les IUFM sont devenus de véritables centres de
déstructuration et d’endoctrinement. Ils seront remplacés, à moyen constant, par des Centres
pédagogiques régionaux. Les nouveaux enseignants bénéficieront d’un tutorat pendant leurs trois
premières années. Dans la gestion de leur carrière, une plus grande place sera faite au mérite et les
professeurs, en particulier ceux du technique, seront tenus de suivre des stages de mise à niveau.
- Le corps des inspecteurs sera réformé et augmenté (1 inspecteur pour 150 enseignants, contre 1
pour 700 actuellement). Issus du corps enseignant expérimenté, les inspecteurs exerceront leur métier
dans une autre région, pour une plus grande neutralité. Les inspections seront multipliées, afin de
valoriser les enseignants en fonction de leur mérite.
- Enfin, la part du personnel administratif (16 % de l’Éducation nationale) sera réduite au profit des
personnels enseignants (84 % de l’Éducation nationale).
- Suppression de 20 000 personnels administratifs et techniques.
L’État doit assumer son rôle d’arbitre et de régulateur en matière éducative :
- Si l’État ne doit pas être omnipotent, il lui appartient de faire respecter la neutralité politique et le
principe de laïcité dans la sphère publique et de s’opposer à toute dérive communautariste, de
contrôler au minimum les savoirs dispensés et de valider les diplômes au niveau national.
- L’État doit veiller à l’égalité d’accès à l’école comme à l’université. Ainsi, au nom de l’égalité de
moyens, il permettra, par la mise en place du chèque scolaire, le libre choix de l’école à tous les
parents. La carte scolaire sera progressivement supprimée. Calculé par rapport au coût moyen de
scolarité d’un élève, le chèque scolaire n’entraîne aucune dépense supplémentaire pour l’État dans
l’enseignement public : les parents deviennent simplement le passage obligé pour le financement des
établissements.
Le chèque scolaire prendra en charge les salaires des personnels hors enseignants (qui ne sont pas pris
en charge par l’État) des 10 000 établissements de l’enseignement privé sous contrat.
C’est le seul surcoût engendré puisque ce dispositif – indépendamment du rétablissement de l’égalité
d’accès entre Public et Privé sous contrat – doit avant tout permettre aux parents du Public de choisir, pour
leurs enfants, l’établissement qu’ils jugeront le meilleur.
Les écoles primaires, collèges et lycées, ainsi soumis à une certaine émulation, amélioreront naturellement
leur niveau scolaire et leurs conditions de travail pour les élèves.
Le chèque scolaire sera mis en place pas à pas en commençant, la première année, par les classes de
Maternelle et de Terminale. La poursuite plus ou moins rapide du dispositif tiendra compte des
disparités observées entre l’attractivité des établissements de façon à ne pas fermer certaines classes
et à pouvoir engager des actions correctives.
Coût estimé : 3 milliards d’euros
Par ailleurs, les lois Falloux et Astier seront modifiées afin que les collectivités territoriales ne soient
pas limitées dans le financement des travaux et des équipements (matériels pédagogiques des classes)
desdits établissements.
II. Université
- La gouvernance des universités doit être réformée. Le fonctionnement des conseils d’administration
ne doit plus être entravé par des représentations injustifiées (syndicats d’étudiants, personnel
administratif, etc.). Le pouvoir réel doit être confié au Président sous surveillance du Conseil.
- Une plus large autonomie sera accordée dans le recrutement des professeurs ainsi que dans la
sélection des élèves (critère financier exclus) de façon à améliorer la compétitivité de nos universités
face aux grandes écoles et aux universités étrangères.
III. Formation professionnelle
Il faut rendre aux métiers et organisations professionnelles la maîtrise de l’alternance et de
l’apprentissage :
- Cela signifie adapter en permanence les formations aux emplois émergents par un dispositif de
veille stratégique et un programme d’orientation efficace. Il conviendrait de rendre plus systématiques
les stages en entreprise afin que les jeunes diplômés soient plus directement opérationnels.
- Afin de développer l’apprentissage, il faut revaloriser le salaire des apprentis (dès 14 ans et jusqu‘à
25 ans) par un allègement des charges correspondantes des entreprises.
Coût estimé : 210 millions d’euros
Il faut abolir l’obligation qu’ont les entreprises de « former ou payer » :
- La collecte paritaire des fonds de formation sera remplacée par un prélèvement de l’État. Les
dépenses de formation devront être plus ciblées, reposant sur un encadrement individuel systématique.
À l’issue du parcours, la formation devra être certifiée et évaluée de manière indépendante.
Gain estimé : 1,6 milliards d’euros
- Il faut bâtir un véritable service public de formation tout au long de la vie par la validation
permanente des acquis et des expériences : le chèque formation permettra au salarié de transformer
sa formation continue en véritable capital professionnel.
Émis par le Trésor public, le chèque formation prendrait en charge les dépenses de la formation
professionnelle de 4 millions de stagiaires en moyenne, par an, du secteur privé (hors formation des
agents de la Fonction publique). Le chèque formation serait payable au profit de tout organisme de
formation agréé pour une période de 3 ans par un comité interministériel comprenant notamment les
ministères de l’Intérieur, du Travail, de l’Économie et des Finances, de l’Éducation, de l’Agriculture
et de la Défense. Le chef d’entreprise, dans le cadre du comité d’entreprise, donnera un avis motivé
sur les formations choisies par le salarié.
En contrepartie, les entreprises participeront au financement de la Formation professionnelle, en
s’acquittant de la taxe sur les salaires (les 1,6 % des rémunérations brutes payées durant l’année ou
0,55 % pour les entreprises de moins de 10 salariés seront inclus dans cette taxe) ce qui constitue
d’indéniables sources de progrès.